TEAMBOUI KANAKY/NOUVELLE-CALEDONIE

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28
juin 2010
Reportage Poum
Posté dans Non classé par kanaknc à 4:49 | Pas de réponses »

Interview : Henriette HMAE, Maire de la commune de POUM

Allons jusqu’au bout du changement

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Elue en mars 2008, Henriette Hmaé, maire de la commune de Poum souhaite rendre à la collectivité municipale toute sa dimension de service publique. Cette démarche est longuement assurée par un travail d’équipe et de concertation avec l’ensemble du Conseil municipal. Ces priorités vont à l’adduction en eau potable et à l’électrification des populations de la Grande terre et des îles. Rencontre avec une femme d’exception engagée pleinement dans le bien-être de ces administrés.

Teamboui : Vous avez été élue en mars 2008 à la tête de la Mairie de POUM. Est-ce que vous avez le sentiment que la population locale avait besoin de changement ?

Henriette HMAE : « La population a exprimé à travers le scrutin du 8 mars 2008 une volonté de changement car 75% des suffrages se sont portés sur les listes des nouveaux candidats avec des programmes différents exprimant une gestion différente de la commune et 25% sur la liste de l’ancienne exécutif de la municipalité avec comme engagement une continuité dans l’administration de la commune. »

T. : Est-ce que ce vote, selon vous, ne s’arrête pas à votre condition de femme mais à ces longues années vouées à votre collectivité et aux biens êtres des administrés ?

H.M : « Effectivement, je pense pas que cette élection est due uniquement à ma condition de femme et peut-être également à mon expérience professionnelle comme secrétaire général de la Mairie pendant 12ans. Cette expérience a également pesé dans le choix fait par les militants mais il y avait aussi cette volonté de changement. Et, c’est à travers ce choix que les militants ont dit : Allons jusqu’au bout du changement que nous prônons et démontrons notre volonté de changer et n’ayant pas peur de proposer une femme. »

T. : Est-ce que vous avez le sentiment que la cohabitation se passe mieux depuis votre élection avec l’ensemble des formations politiques du Conseil municipal ?

H.M : « Depuis le début de notre mandat, nous nous sommes efforcés de travailler avec tout le monde quelque soit le bord politique. Cela n’a pas été fait sans difficulté mais aujourd’hui il existe un consensus au sein du Conseil municipal et nous impliquons tout le monde dans la gestion communale car c’est notre commune à tous. »

T. : Comment sont vos relations avec la vie coutumière lorsque l’on est une femme à la tête d’une institution ?

H.M : « Les relations avec la vie coutumière se passent dans de bonnes conditions car au sein du Conseil municipal, plusieurs élus sont des coutumiers des chefferies de Nelema et Aonvase et, par conséquent ils portent les deux casquettes de coutumier et d’élu communal. Ils sont ainsi impliqués dans la gestion communal et, au fait de toutes les décisions ».

T. : Vous avez été élue sur un programme quelles sont les grandes lignes de ce programme ?

H.M : « Notre programme s’est basé essentiellement sur le fait de rendre sa dimension de service public à la commune car le ressentie de la population était qu’il n’y avait plus ce service. Nous sommes une commune à part entière depuis 1977 et nous sommes l’avant dernière commune à avoir été créée. Avant cela, la commune était rattachée à Koumac, nous avons à peine 33ans donc notre commune est en pleine construction avec les besoins d’infrastructures primaires qui s’imposent : l’adduction en eau potable, avec les problèmes de ressources en eau que connaît la commune, notamment sur nos îles habités car, la particularité de Poum est qu’elle a un pied dans l’eau et un autre sur terre; la réhabilitation des voies communales afin de permettre à la population d’accéder au service et le désenclavement des populations de la Grande terre mais également des îlots; et enfin l’électrification des populations de la Grande terre et des îles car la commune de Poum a le taux de couverture électrique le moins élevé (65%) du pays après la commune de Hienghène. »

T. : Quels sont les grands chantiers auxquels la mairie de Poum s’est attelée dès votre arrivée au sein de la Collectivité ?

H.M : « Les premiers chantiers que nous avons entrepris sont la réhabilitation de toutes les infrastructures communales (bâtiment ou réseau AEP) : la réfection du réseau AEP sous-marin desservant la tribu de Yenghebane et le 5 novembre 2008, l’eau s’est remise à couler dans les robinets de cette île après plusieurs années sans ce besoin essentiel et de survit de nos populations; la réhabilitation des bâtiments scolaires et des équipements sportifs afin de permettre aux enfants de suivre une scolarité dans de bonnes conditions; la réhabilitation du site de manifestation publique : village Shello et en parallèle, la commune a négocié pour la réalisation d’un réfectoire communal de 120 places pour les enfants, la réhabilitation également des voies communales RM8 et RM6 et la mise en place d’une OGAF (Opération groupée d’aménagement foncier) … »

T. : Il y a la question aussi de l’eau potable que peinent à obtenir certaines localités de la commune ?

H.M : « L’eau est le dossier que nous allons présenter pour les prochains contrats de développement Etat/Communes car elle est une priorité pour l’équipe mais les opérations sont coûteuses et la commune seule, ne peut pas supporter un tel investissement. Poum dispose de structure d’alimentation en eau potable avec dans certains secteurs qu’un approvisionnement en forage. Ainsi, la programmation quinquennale de contrats de développement permettra de renforcer le dispositif sur la Grande terre et pour les îles ne disposant d’aucune ressource en eau potable. Nous envisageons donc de ré initier le procédé de désalinisation pour une production par énergie renouvelable. »

T. : Autre chantier de poids pour la commune de Poum, celui de l’électrification des habitations dans le besoin. Quels sont les moyens donnés pour permettre aux foyers d’être raccordés au réseau ?

H.M : « En effet, comme je l’ai dit auparavant la commune a le taux de couverture en électricité le plus faible du Territoire, le mouvement des administrés tout dernièrement dans un blocage sur le nord a permis de sensibiliser les autres partenaires institutionnels « Etat, Gouvernement et la Province » sur cette situation et ils se sont engagés à financer les travaux pour réaliser cette opération et permettre à la population du sud de la commune de bénéficier du raccordement au réseau à haute tension. »

T. : Est-ce que vous avez le sentiment que les petites communes doivent se battre chaque année avec les plus grosses pour obtenir des financements ?

H.M : « Les petites communes ont non seulement des ressources limités alors qu’elles sont en pleine construction avec essentiellement des besoins en infrastructures primaires ayant des coûts d’investissements importants. Mais, la commune de Poum a la particularité d’avoir une partie de son domaine communal sur l’eau à cause de ses îles habitées et c’est vrai que cela n’est pas souvent prise en compte dans les critères de répartition de ressources par l’Etat et la Nouvelle-Calédonie alors que cette situation engendre une multiplication des coûts en cas d’investissement sur ces îles qui ont des besoins primaires spécifiques tels que les pontons et l’accès de mise en eau des embarcations ect. »

T. : Poum est synonyme également de lieu où la pêche à bon port, on peut imaginer que c’est l’un des secteurs clés de la collectivité ?

H.M : « La pêche est la principale source de revenus de la population de la commune pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un emploi salarié. La commune a sollicité la mise en place d’une OGAF afin de permettre à ces pêcheurs d’être mieux accompagnés pour valoriser leurs savoirs et établir des circuits d’écoulement de leurs produits. »

T. : La mine aussi, garde une place importante et prépondérante dans la vie des administrés ?

H.M : « La commune a connu les années du Boom du nickel avec les sociétés PATINO, LAFLEUR, COFREMI, la réé-ouverture de l’exploitation par la SMSP en 1996 et la SLN depuis deux ans. Mais, effectivement la mine occupe une place prépondérante dans la vie des administrées car elle est un pourvoyeur d’emplois et par ces effets induits, elle instaure de l’activité économique limitant ainsi l’exode rural. »

T. : On ne peut pas parler de Poum s’en évoquer l’ensemble de ces atouts touristiques qui font la fierté de cette commune de l’Extrême nord ?

H.M : « Nous espérons que nos atouts touristiques serviront de balancier à l’exploitation minière afin que celle-ci soit contrainte au respect de l’environnement car la commune souhaite développer le Tourisme vert et de proximité accessible à tous. Cependant, cela nécessite de gros investissements. Ici, un hôtelier de la commune est précurseur de ce mode de tourisme. Aujourd’hui, le but est de développer un tissu de promoteurs qui quadrilleront la commune pour des activités de découvertes de l’environnement. »

T. : La culture notamment garde une place de choix dans le cœur de ces habitants. De grandes manifestations y sont régulièrement réalisées comme Sharabing avec le comité Shello ?

H.M : « Ces associations ont pris en charge depuis plusieurs années l’animation de la commune, chacune dans leurs domaines. La première, l’association Sharabing sur le partage et la valorisation des richesses culturelles avec des échanges entre les régions et les pays du Pacifique. La deuxième association Fruits de Mer base ces journées sur la promotion et la valorisation des produits de la mer mais également la sensibilisation aux espèces marines protégées tels que la tortue. »

Des propos recueillis par
Cédrick WAKAHUGNEME


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